La Continuité Ultime

L’activité éveillée

Synthèse CORRECTIONS NOMBREUSES A FAIRE

274 La cause de la contemplation
Des Eveillés dans le lapis-
Lazuli d’une âme transparente,
Réside dans l’épanouissement
D’une faculté de foi inverse
De ce qui n’est pas cette terre pure.
Selon que vertu croīt, décline,
Le corps de l’Eveillé s’élève,
S’abīme mais à l’instar d’Indra,
Muni ne naīt ni ne périt
Au sein du Corps des qualités.
274 On peut se demander quelle est la cause de la contemplation du semblant de naissance et de destruction des Eveillés s’ils sont en permanence sans naissance ni cessation. De même qu’un sol [dans l’exemple d’Indra, devenu] de la transparence du lapis-lazuli sur la base de l’accumulation de vertu [des spectateurs], c’est dans une âme immaculée et lucide (bar ?) que se mire le corps du parfait bouddha, la cause de ceci –ou le moyen de purifier cet esprit– étant de cultiver l’épanouissement d’une faculté de foi à l’inverse des conditions néfastes telles que l’absence de foi, etc.
Le reflet se manifeste ou disparaīt suivant le degré de transparence de la surface du sol. De même c’est en correspondance selon que la racine de vertu –foi, etc., – des disciples croīt ou décline, que le [double] corps relatif bouddhique donnera l’impression qu’il s’élève ou s’abīme.
Mais à l’instar d’Indra, qui ne s’est pas déplacé en essence des Trente trois Demeures, le Muni omniscient n’a ni naissance ni périssement au sein de l’inchangeant Corps des qualités absolu, sa propre essence.
275 De même qu’Indra se meut sans peine,
C’est depuis l’absence de naissance,
De cessation du Corps ultime,
Qu’il opère l’œuvre d’exhibition,
Et caetera, aussi longtemps
Que durera le Devenir.
275 De même qu’Indra, et d’autres, dans leur accomplissement du bien des autres, font également apparaītre leur image sans peine, bouddha opère de manière ininterrompue son œuvre spontanée d’exhibition de corps miraculteux, de proclamation des instructions verbales, de pénétration de compassion des esprit des disciples aussi longtemps que l’infini Devenir saḿsārique ne sera pas vide de ceux-ci. [Il le peut car] il ne se meut pas de la réalisation directe du Corps des qualités, intemporellement sans naissance ni cessation, non soumis au moindre effort idéationnel, etc.
276 L’objet que ces neuf exemples
Synthétisent sera exprimé
En extrayant de ceux-ci,
Dans l’ordre, les propriétés
Qui ne lui correspondent pas.
276 Le texte est arrivé au terme d’une explication de son objet, l’activité évéillée et la synthèse en les neuf exemples qui l’illustrent, et se tourne [maintenant] vers l’explication d’un enseignement à l’aide de ceux-ci avec une nouvelle raison précise dans leur ordre d’exposition. L’activité éveillée y sera exprimée à travers les propriétés concordantes des exemples en ce sens que le texte, après avoir donné d’abord [les propriété concordantes d’]un exemple, va extraire dans l'ordre ensuite la part de propriété non concordante, quelque qu’elle soit, qui rend ce premier exemple inapte à exprimer l’activité éveillée toute entière.
277 Bouddha est semblable au reflet
Mais le reflet n'a pas de voix.
Il est tel le Tambour mais le
Tambour ne fait le bien partout.
Il ressemble au nuage mais
La nue n'ōte pas les graines vaines.
Il est tel Brahmā mais Brahmā
Ne fait pas mūrir constamment.
Le soleil est constant comme lui
Mais ne maītrise pas toutes ténèbres.
Il est tel le précieux joyau
Qui répond aux désirs mais le
Joyau n'est pas dur à trouver.
Il est tel l'écho mais l'écho
S'élève d'une reconnaissance.
Il est tel le ciel mais le ciel
N'est pas support de pureté.

Parce qu'il est l'endroit qui supporte
La perfection des transmigrants
Sans exception, qu'ils soient du monde
Ou au-delà du monde, il est
Tel le le maṇḍala de la terre.
Le bouddha, du fait de l'éveil,
Produit le chemin qui surpasse
L'univers caduc : le chemin
De l'activité vertueuse,
Les recueillements, l'immensurable
Et le sans forme :
277 L’action du bouddha parfait exhibant une infinité de corps miraculeux est sembable au reflet d’Indra dans le lapis-lazuli mais cette forme n’a pas de voix, alors que bouddha en a une pour énoncer le dharma. Il ne lui est pas semblable, mais particulièrement supérieur.
Exposant oralement les diverses instructions du dharma du verbe, il est tel le Grand Tambour divin enseignant les quatre préceptes-clefs de la Doctrine mais le Tambour est local sans faire le bien partout tandis l'œuvre au bien du Bouddha est compénétrante de tous les univers à discipliner. Là aussi, il ne lui est pas semblable mais particulièrement supérieur.
Du point de vue de l’embrassement de tous les royaumes de l’univers destructible, par son amour et de sa connaissance faisant mūrir les disciples, [bouddha] a des propriétés de ressemblance avec un grand nuage, qui recouvrant tout, fait mūrir les récoltes mais la nue n&rsquoécarte pas les graines vaines tandis qu'il ne lui est pas semblable mais hautement supérieur, lui qui fait abandonner les germes sans valeur des passions : désir, etc.
[Bouddha] est tel le grand Brahma quand son l&rsquoémanation fait quitter la concupiscence pour les stimuli sensoriels, mais Brahma ne fait pas mūrir constamment. Il ne rend son service qu’une seule fois tandis que bouddha, car il fait mūrir complètement les courants mentaux des disciples en un flot ininterrompu, ne lui est pas semblable, mais particulièrement supérieur.
Du point de vue de la persistance des rayons de sa sagesse à faire mūrir dans leur infinie propagation la récolte des âmes à discipliner, il est exactement tel les rayons entourant la forme du soleil qui font mūrir avec constance les récoltes, mais, si l’apparition du soleil est occasionnelle, ne maītrisant pas jour et nuit l’obscurité, bouddha qui défait avec régularité des ténèbres de l’inconnaissance, sans interruption, ne lui est pas semblable mais particulièrement supérieur.
Du point de vue de la découverte difficile de son présence, sa parole secrète enseignant d’excellentes et multiples instructions est comme l'écho auquel on ne peut assigner d'existence interne ou externe. Cependant, l'occurrence de l'écho dépend d'une reconnaissance provisoire tandis que [la parole secrète du] Bouddha né de lui-même, non composé, ne s'élève pas en dépendance avec une reconnaissance [temporaire] En cela, elle n'est pas semblable mais particulièrement supérieure.
Du point de vue de l' absence directe de fabrication et d'une absence d'apparition [consécutive à] une reconnaissance, le corps secret exhibant une infinité d'émanations est comme le ciel aux multiples apparences et cependant sans fabrication, mais le [corps secret du] bouddha est bien supérieur car il n'est pas comme le ciel qui n'est le support ou la base d'aucune [pure] vertu mais le support ou la base de vertueux dharmas candides.
Parce que, devenu une base, il est l'endroit qui supporte la perfection des transmigrants sans exception du monde et au-delà du monde, il est tel le maṇḍala de la terre, qui porte tout.
"Comment est-il support, se demandera -ton?" Le parfait bouddha, du fait de l'obtention du grand éveil, est la source du vrai dharma, des trois véhicules, etc., du chemin qui surpasse l'univers caduc : "[De lui] apparaissent les Auditeurs, les Bouddhas moyens et les Seigneurs des Munis". Dixit L'Entrée au milieu.
Et pour cela, de lui s'élèvent le chemin de l'activité des dix vertus, la cause des parfaites accumulations dans le royaume du désir, les quatre recueillements, la cause des parfaites accumulations dans le royaume de la forme et la cause des accumulations immensurables et sans formes, l'engagement dans l'absorption de l'égalité sans forme.

[Ici se termine] le quatrième chapitre, [celui] de l'activité du tathāgata, du Traité de la continuité ultime du grand Véhicule, classification de la lignée spirituelle des Trois Joyaux.

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