La Continuité Ultime

L'éveil

Permanence de l’éveil

183 Il est permanent : car ses causes
Sont infinies, le nombre des êtres
Inépuisable, qu'il est amour,
Miracle, connaissance, possession
Parfaite, maîtrise des phénomènes,
Défaite du démon de la mort,
Sans essence, il est salvateur
Pour ceux qui peuplent le saḿsāra.
183 L'accomplissement du bien des autres par le corps [des deux aspects] formels est ininterrompu, permanent pour sept raisons : les causes infinies dans la double accumulation, etc., l'incommensurabilité, l'absence de limites de l'inépuisable [br] des êtres à instruire, l'absence de rupture des flots de grand amour [de l'éveillé], la magnificence enracinée dans le miraculeux, la connaissance [dans la réalisation] de l'égalité du saḿsāra et du nirvāńa, la parfaite possession d'un bonheur sans souillures, la maîtrise de tous les phénomènes [constitués] de facteurs positifs ( yon tan gyi chos ). Quant à la permanence sans changement du corps de réalité, elle recouvre trois caractéristiques, la défaite du démon seigneur de la mort, l'absence d'essence fabriquée et [l'essence qui rend le corps de réalité] salvateur refuge des peuples du saḿsāra. En bref, ce sont les dix caractéristiques de la permanence des trois corps de l'Ainsi allé.
184 Détenteur de la vraie doctrine,
Ayant renoncé aux richesses,
A sa vie, à son corps, il mène
A son terme ultime sa promesse
Initiale de bénéficier
Tous les êtres sensibles. Son éveil
Est l'engagement d'une compassion
Claire, nette dont il rend perceptible
La présence de l'activité
Enracinée dans des miracles.
Libéré, sans l'agrippement
Duel saḿsāra-nirvāńa,
Connaissant et en possession
De l'excellente félicité
D'un samādhi d'une permanence
Inconcevable, il œuvre dans
Le saḿsāra sans être touché
Par les facteurs de saḿsāra
184 Il y a quatre raisons à la [permanence de] la présence altruiste du corps [aux deux aspects] formels dans le le saḿsāra. (1) [L'Ainsi allé] oeuvra en détenteur de la vraie Doctrine, réunissant les deux accumulations en renonçant aux richesses, à sa vie et son corps pendant trois incommensurables kalpas. ’Puisque cette causalité infinie est présente, demanderont certains, en quoi est-il obligé [à cette permanence] ? ‟ (2) Sachant qu'il s'agit de l'obligation de rester en permanence pour le bien des êtres [on répond ainsi] : "parce que le nombredes êtres est inépuisable tandis qu'il est tenu de mener à son terme ultime sa promesse, prise quand il généra l'esprit d'éveil initial afin de bénéficier tous les êtres, de libérer sans exception du le saḿsāra tous ceux à guider. ’Il y est obligé mais en a-t-il le noble souhait ? ‟ (3) Le souhait d'accomplir le bien des autres est présent. L'éveil est l'engagement d'une grande compassion [rendue possible car] claire du voile de l'inconnaissance et nette de celui de la passion et du karma. ’Il y a là noble souhait mais celui-ci n'a t'il pas été satisfait jusqu'à l'extinction de sa profitable vie ? ‟ (4) L'éveillé a la capacité enracinée dans le miraculeux de rendre perceptible des manifestations formelles, et c'est grâce à cette aptitude miraculeuse que son activité est présente aussi longtemps que dure le le saḿsāra. Trois raisons pour que l'éveillé ne rejette pas le le saḿsāra sont donc présentes ’ mais, dira t-on, même si celui-ci demeure éternellement pour le bien des autres, s'il le fait avec une vision divisée, acceptant le nirvāńa et rejetant le le saḿsāra, n'abandonne t'il pas ainsi [ceux dans] le cycle des peines ? ‟ ('4) Il n'est pas un tenant de ce [type de] rejet du le saḿsāra et d'acceptation du nirvāńa. Il s'est libéré de l'agrippement duel manipulateur le saḿsāra-nirvāńa, connaissant qualitativement le mode d'être des connaissables. ’Lui-même dans le le saḿsāra, ne souffre t-il pas des peines du cycle ? ‟ Il est en possession de l'excellente félicité du samādhi d'une permanence infini, inconcevable. ’Même indemne des souffrances de ce lieu saḿsarique, n'en est-il pas souillé par les lacunes  ? ‟ Agissant pour le bien des autres dans le le saḿsāra , il n'est pas souillé par les souffrances, passions et karma, les facteurs ( chos ) de ce le saḿsāra au milieu desquels il agit pour le bien altruiste.
185 Parvenu au lieu de paix sans
Trépas, hors les pas du démon
De la mort, le sage, d'une nature
Sans artifice, est paix complète,
Havre éternel , dit-on justement,
De ceux qui n'ont point de refuge.
185 Il y a trois raisons à l'inaltérabilité, l'absence de changement du corps de réalité du Bouddha. Parvenu au Corps de réalité, ce lieu de paix sans le déplacement des trépas, dont l'obtention est hors les pas ( rgyu ) du démon de la mort, le corps de réalité du sage n'est pas par nature fabriqué, causé et conditionné, pacification complète dès le début [des processus] des morts, de naissances, etc. il est juste de dire que pour l'infinité des êtres qui n'ont pas de refuge, il est l'ultime havre, le protecteur, le dernier secours ( dpung gnyen ).
186 Les corps formels sont permanents pour les sept premières raisons.
Le corps de réalité du Maître l'est pour les trois ultérieures.
186 Pour les sept premiers types de raisons [détaillées ci-dessus dans la stance 185], ‒infinie causalité, etc., ‒ le corps [aux deux aspects] formels est un flot ininterrompu, permanent, de bien des autres. Le corps de réalité du bouddha, du maître, est montré dans sa permanence, son inaltérabilité, pour les trois raisons ultérieures, sa défaite sur le démon de la mort, etc. A ce sujet, l’Ornement des sūtras du Mahayana dit encore  : ’Naturel et ininterrompu, ce qui a un tel épanchement est permanent‟. [Ce qui est ’naturel‟ est] le corps de réalité permanent par nature, [ce qui est ’ininterrompu‟ est] le corps de jouissance, où [ce qui a un ’tel épanchement [..] permanent‟ est] le corps d'émanation.
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